Un film de Peter Jackson
Avec Ian McKellen, Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen, Orlando Bloom, Christopher Lee, Cate Blanchett & Hugo Weaving.
Musique : Howard Shore
Durée : 3h28
Sortie fr : 19 décembre 2001
IMDB : 8.8/10
Average Tomato : 91 %
Ma note : 10/10
Le cinéma a toujours été un moyen de s'évader. Parcourir le monde sans bouger de son canapé, visiter des endroits inconnus, (re)vivre des époques du passé au réalisme saisissant, où le pittoresque rejoint l'exotisme pour propulser le spectateur dans une dimension parallèle, une zone où le merveilleux est possible. Depuis les débuts de ce médium révolutionnaire, le public a pu accompagner Dorothy au pays d'Oz, parcourir les plaines de l'Ouest américain aux cotés des grandes figures de la ruée vers l'or, frissonner devant des dinosaures plus vrais que nature ou ressentir la claustrophobie inhérente à un voyage spatial qui tourne mal, le tout sublimé par un parfait alliage de décors, lieux de tournage et effets spéciaux étoffés au fil d'un modernisme toujours plus accéléré. Fort de ces progrès considérables, les studios pouvaient désormais rêver à quasiment n'importe quelle adaptation de la littérature, aussi incroyable soit-elle, pour donner vie à un monde gigantesque, même si certaines, comme le Dune de Frank Herbert, relèvent encore du casse-tête pour les plus grands cinéastes. C'est donc avec une impatience non dénuée de scepticisme que des lecteurs du monde entier ont appris le portage sur grand écran de l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle par Peter Jackson : le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.
La force d'un tel projet ne pouvait que résider dans la passion d'un homme pour l'oeuvre d'origine, véritable ode au dépaysement. Peter Jackson, originaire de Nouvelle-Zélande (soit le bout du monde pour les trois quarts de la population mondiale), a voulu mettre à profit l'incroyable variété de paysages de sa lande natale pour nous transporter sur une Terre du Milieu superbement fidèle au recueil de Tolkien. Les décors sont grandioses, des vertes plaines de la Comté aux montagnes enneigées du col de Caradhras en passant par les forêts cryptiques de Fangorn, et chaque peuplade est parfaitement identifiable grâce aux innombrables détails, du dialecte aux artefacts, que le cinéaste a fidèlement retranscrits devant sa caméra. On voyage, de jour comme de nuit, sur des terres sombres et hostiles ou percées d'une chaude et rassurante lumière, comme une allégorie de ce facétieux voyage qu'est la vie.
Si la saga dans son ensemble est une merveille d'imagination comme de narration, ce premier volet en est la quintessence même : mythologie, jeunesse inconsciente (les Hobbits vivent dans une idyllique autarcie), installation des enjeux dramatiques, péripéties (menées dans cet épisode par les charismatiques chevaliers noirs Nazgul), repos salvateur à Fondcombe, et les débuts de la Communauté et de sa quête pour détruire l'Anneau unique. On pourrait presque croire que Jackson a tout donné dans ce premier opus pour asseoir la crédibilité de sa trilogie, au risque de bâcler les deux volets suivants, mais il nous prouvera vite le contraire.
Le point d'orgue de ce premier acte reste sans doute le passage par les mines de la Moria, sombre palais sous la montagne érigé par les Seigneurs Nains des années auparavant et maintenant abandonné à sa plus glaçante obscurité. Les vastes méandres de ce labyrinthe de ténèbres, scène d'un suspense digne des meilleurs films d'horreur, apportent à nos yeux de spectateurs l'un des plus grandioses moments de cinéma de cette décennie.
Rarement un film d'heroic fantasy a su mettre tout le monde d'accord, tant dans sa mise en scène que son jeu d'acteur et sa fougue aventurière. C'est ainsi doté d'une crédibilité assise avec brio que Peter Jackson poursuivra sa trilogie les années suivantes, mais cette fois avec un public acquis à sa cause pour se ruer dans les salles de cinéma et suivre la quête de Frodon, Aragorn et leurs alliés. La science-fiction avait son Star Wars, le film de gangsters son Parrain, et le film d'aventure peut désormais arborer fièrement le nom de sa trilogie ambassadrice.
Le point d'orgue de ce premier acte reste sans doute le passage par les mines de la Moria, sombre palais sous la montagne érigé par les Seigneurs Nains des années auparavant et maintenant abandonné à sa plus glaçante obscurité. Les vastes méandres de ce labyrinthe de ténèbres, scène d'un suspense digne des meilleurs films d'horreur, apportent à nos yeux de spectateurs l'un des plus grandioses moments de cinéma de cette décennie.
Rarement un film d'heroic fantasy a su mettre tout le monde d'accord, tant dans sa mise en scène que son jeu d'acteur et sa fougue aventurière. C'est ainsi doté d'une crédibilité assise avec brio que Peter Jackson poursuivra sa trilogie les années suivantes, mais cette fois avec un public acquis à sa cause pour se ruer dans les salles de cinéma et suivre la quête de Frodon, Aragorn et leurs alliés. La science-fiction avait son Star Wars, le film de gangsters son Parrain, et le film d'aventure peut désormais arborer fièrement le nom de sa trilogie ambassadrice.


